Qualité de présence de l'artiste-enseignant...

La pleine présence et l'audace de se remettre ouvertement en question si nécessaire

Il est certainement juste de laisser grand ouverte la porte à la communication. L’expérience progressive dans l’art et l’enseignement m’a amené à communiquer de façon claire et naturelle mon savoir-faire et mon savoir-être, n'hésitant pas à exprimer mes joies et mes peines, mes doutes et paradoxes, nous en avons tous...

• Je le fais avec humour et humilité, car je crois que c’est dans la maladresse et le paradoxe posés ouvertement, que mes stagiaires parviennent à se positionner et à trouver librement leur place. Cela crée une proximité, une convivialité, une parité d’être qui invite de part et d’autre à l’authentique veillance.

Je suis pleinement présent et ne compte pas mon temps, partageant sans retenue mes connaissances. Je considère que la qualité de présence est dans l’honnêteté d’être. Elle se développe naturellement chez tout formateur qui travaille réellement sur lui-même pour se parfaire et s’épanouir humainement. Cette qualité ne s’acquiert certainement pas par les diplômes, comme le prétendent certaines écoles. De célèbres médecins de la santé avaient un caractère exécrable et se posaient carrément en détenteur de la vérité, dénigrant tous les confrères qui ne partageaient pas leurs idées. Pour des médecins de la santé, c’est clairement déplorable. Comment peut-on soigner les autres lorsque l’on est dans une sorte de tyrannie de présence ?
J’enseigne avant tout en tant qu’artiste. Je peux illustrer mes propos en couleur, en prenant le pinceau, ou en dansant, en chantant, en riant, en mimant, en faisant le clown…
Il m’est même arrivé de pleurer en écoutant une stagiaire atteinte d’un cancer, nous racontant son histoire avec une telle émotion que tout le groupe s’est mis à pleurer. Et les stagiaires qui avaient des difficultés à se confier, ont fini par oser le faire. Ce fut un moment très fort.
À noter que j’accorde des temps de parole quotidien aux stagiaires, les invitant à poser et déposer librement tout ce qu’ils ont à dire. Que ce soit pour parler d’eux, me remettre en question, exposer leur griefs, leurs attentes, leurs revendications, bref, tout peut se dire, sans retenue, mis à part, bien entendu, les propos insultants ou faisant atteinte à la dignité de la personne. Ce qui n’est encore jamais arrivé.
Je ne suis pas dans la peur, même si les peurs existent, aussi illusoires soient-elles considérées, mais j’essaie autant que faire ce peut d’être dans l’amour et d’adopter une politique d’ouverture, d’accueil et de respect de la liberté d’autrui. Accueillir et intégrer tout ce qui se passe dans le cours génère un climzt de confiance et de lâcher prise. Et les résultats sont souvent surprenants... (voir ici )

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