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Atelier RAẎTH
160, rue des Lilas
Les Loges - 16700 LA FAYE
Tél : 06 25 79 40 69


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Mustapha RAẎTH Biographie

Biographie
 Un jour, tout comme toi, je suis arrivé sur terre par le col de l’utérus de ma génitrice. Moi dans un corps. Unis à vie. Baptisé par un prénom et un nom, Mustapha Raïth. Né dans le nord de la France en 1960 de parents algériens, j’ai neuf sœurs et trois frères dont deux ont quitté prématurément ce monde à l’âge de 48 et 38 ans. Leur cœur, siège symbolique de l’amour, a lâché. Deux seins pour treize enfants affamés d’amour ont inévitablement généré des manques et des besoins éperdus, voire désespérés, de les combler.

Enfance
La maison de mes souvenirs peinture
- La maison de mes souvenirs. Acrylique.
Petite et sombre, la maison de mes parents avait un jardin. Une balançoire, le ciel et la terre. De quoi nous étourdir un peu et permettre à nos rêves d’enfant de se graver avec des bouts de bois ou des cailloux dans la terre. Ce coin de lumière était ainsi notre lieu d’expression et de création. Nous ressentions naturellement la création comme un conduit de libération dans lequel se trouvait notre salut. L’expression de la révolte se transcendait par des activités créatrices. Catharsis oblige, nous mimions nos parents en improvisant des sketches.
Nous aimions écrire, dessiner, lire, chanter, parler et danser. Surpris parfois dans notre élan créatif, nous ne voyions pas venir la baffe qui nous tombait sur la gueule comme un couperet de guillotine. Notre père avait des humeurs versatiles. Il portait une grande colère qu’il déchargeait sur nous.
bourrasque karmique - Bourrasque karmique... Acrylique sur bois.
Mes parents, un couple illettré vivant son histoire d’amour dans une pauvreté de conscience désolante, avaient beaucoup de peurs qu’ils exprimaient au quotidien. Violence physique et morale entre eux et avec nous. L’image de l’amour est violente. Mais de cela nous savions nous moquer lors de nos improvisations théâtrales jouées en son absence. Mes parents faisaient parfois la fête. Mon père chantait et jouait de la ghasba, une flute sans bec fabriquée par lui-même. Tout comme lui, ma mère chantait et jouait de la derbouka. Et nous, nous dansions et faisions des grimaces. Ces rares moments culturels étaient une grâce. Nous le savions. Le reste du temps, les journées étaient longues et je les passais souvent à errer dans les pâturages alentours, rêvant d’amour et de liberté.

Adolescence
J’ai fugué, zoné, rencontré la violence et la mort, vécu toutes sortes d’expériences qui m’ont amené au fin fond de ma nuit, dans le désespoir et le chaos. J’étais un mort-vivant, enterré au fond de son bourbier, à l’orée
peinture-sacrée-actuelleRenaissance. Acrylique sur carton marouflé.
d’une mort qui se voulait délivrance. Les larmes de mon chagrin se sont mises à couler sans retenue, irriguant ma gadoue, devenue engrais par les forces naturelles de la terre. Des racines ont germé au printemps, et le cœur de mon cadavre s’est remis lentement à battre. Ma tête a émergé en premier, froissée et visqueuse comme celle d'un nouveau né. J’ai respiré à pleins poumons et ouvert les yeux. Ma part de nourriture terrestre m'attendait là, dans la merde, merveilleuse substance de vivification…

J’ai trouvé progressivement la force de me relever. De m'ébrouer. D'ôter de mon esprit et de mon corps encore engourdi, le restant de détritus collé dans les recoins plissés de mon être. Je me suis dégourdi les membres et mis à marcher seul dans la nuit sombre, éclairé par la seule lumière de la foi en ma résurrection imminente. J’ai cheminé sans répit, retenant mes cris de souffrance suscités par mes plaies béantes qui saignaient de culpabilité, de honte, de peur et de révolte. Une lutte sans merci. Acharnée. J’ai persévéré, le dos courbé mais la tête relevée et le regard guidé par l’étoile de l’espérance humaine.

Âge adulte
J’ai appris à accueillir mes doutes, ma folie, ma sagesse, et tout ce que je suis devenu, attelé à la puissante énergie créatrice qui m’anime et la croyance profonde en ma transmutation. J’ai crée jour et nuits. Avec acharnement. Avec la foi inébranlable en mon pouvoir créatif. Mon salut était là, dans la création. Et la création agissait à mon insu. J’ai exprimé mon chaos, mes peurs, mes joies, mes peines et mes rêves. J’ai réparé, nettoyé, transcendé mes données de vie et j’ai commencé enfin à respirer.
Mes origines ont agi, en moi et autour de moi et m'ont fait échouer en Algérie où je me suis marié, ma fille aînée se trouve toujours là-bas. C’était la décennie noire. Une puissante pour ne pas dire terrible expérience où j'ai côtoyé la folie et la mort pendant plusieurs années, sans perdre espoir pour autant en la vie. Divorce au bout de quelques années avant de m’installer en Tunisie où j’ai rencontré une artiste. Nous vécûmes dix belles années. Une histoire passionnelle. J’ai pris des baffes, j’en ai donnés, j’en ai repris et redonnés… Les scénarios des parents se rejouaient.
Les blessures d’amour étaient béantes et douloureuses, faisant apparaître les syndromes d’abandon, de rejet, de dépendance… La totale ! Mais l'amour nous liait. J’ai suivi une thérapie, vécu d’autres belles histoires d’amour, refait une thérapie. Et j’ai progressivement appris à soigner mes blessures, à me laisser dompter. A accepter d’être aimé, de m’aimer et d’aimer pleinement.

Actuellement
Aujourd’hui je vis plus ou moins en adéquation avec moi, avec l’artiste pèlerin que je suis devenu, cheminant en conscience dans la voie de l’amour et de la créativité, avec l'intime conviction d’être éprouvé et désigné par l’amour : Un ouvrier au service de l’éveil à la conscience du moi créateur. Sans nulle prétention ni autre attente que celle de grandir avec toi dans l’amour, la joie et la créativité.


Ma vision de l'art